CTHULHU RISING Dotwork 2021

CTHULHU RISING : une ténébreuse traversée du Chaos

CTHULHU RISING Dotwork 2021
D’aussi loin que je me rappelle, jamais projet personnel n’aura mis autant de temps pour voir le jour… et pour cause

Après 3 illustrations en dotwork réalisées entre 2016 et 2018, je me suis remis à concevoir de nouveaux visuels. D’abord sous la forme de «Roughs Numériques» grossiers sous Photoshop.Puis de les réaliser avec cette technique, à la main, sur du papier Canson. 

3 nouveaux visuels issus de mon amour indéfectible pour le Fantastique et la Science Fiction.

Ne sachant pas par lequel commencer, c’est grâce à un petit sondage en aveugle sur les réseaux sociaux que l’ordre de réalisation fut enfin défini. Il n’y avait plus qu’à se mettre au travail

GRAND GUIGNOL, MON AMOUR

C’est en 1986 que je découvre, un peu par hasard, l’œuvre d’Howard Phillips Lovecraft… Enfin «l’oeuvre»… Une adaptation cinématographique pour le moins stupéfiante de sa nouvelle parue en 1922, «Herbert West, réanimateur», est alors recompensée au Festival du Film Fantastique d’Avoriaz par une Mention spéciale horreur.

Très librement inspiré de la nouvelle, le film du réalisateur Stuart Gordon est un savoureux mélange de gore excessif et d’humour noir. Et là, dans les ténèbres de la salle de cinéma, mes yeux s’illuminent de plaisir !

Mais c’est avec «De l’Au-delà» publiée en 1934 et à nouveau adapté à l’écran par le même Stuart Gordon en 1987 sous son titre original «From Beyond», que ma curiosité, piquée au vif, me conduit plus sérieusement sur le véritable territoire de l’écrivain. Mais qui est donc ce H.P. LOVECRAFT qui écrit des histoires aussi étrangement dérangeantes ?

PREMIERS PAS EN TERRES LOVECRAFTIENNES

C’est pendant l’été 1987 que j’entreprends mon premier périple dans l’univers Lovecraftien avec la nouvelle «l’Affaire Charles Dexter Ward». Et je ne suis pas déçu du voyage! Je dévore quasi instantanément les 160 pages avec gourmandise, frissons et excitation. On ne sort pas indemme des mystérieuses aventures du jeune Charles Dexter Ward et de son ancêtre alchimiste Joseph Curwen. Magie, incantations, profanations, divinités monstrueuses … plus on avance dans le récit, plus les ténèbres se font denses, l’atmosphère poisseuse et oppressante jusqu’à la terrible révélation finale. Je suis immédiatement accro au style de l’écrivain, à son univers, à sa mythologie, sa cosmogonie… LOVECRAFT suggère plus qu’il ne décrit et c’est bien là force de ses écrits : laisser notre imagination accoucher de nos peurs les plus effroyables.

NECRONOMICON, YOG-SOTHOTH ET LES AUTRES

Suivront les classiques : «L’abomination de Dunwich», «La couleur tombée du ciel», «Le cauchemar d’Innsmouth», «Les montagnes hallucinées», mais aussi «Dagon» et bien d’autres nouvelles qui l’accompagnent (parmi lesquelles, «Herbert West, Réanimateur», «De l’Au-Delà», «les chats d’Ulthar», «Je suis d’ailleurs», «Par delà le mur du sommeil»,…). Mon appétit pour les histoires de LOVECRAFT est insatiable.
Ainsi nourrit, mon esprit enfin éclairé, pouvait également se délecter des nombreuses références qui parsèment d’autres œuvres et d’autres artistes, transcendés par le romancier de Providence.

LES GRANDS ANCIENS

Et puis il y a, bien sûr, l’épicentre de la mythologie «lovecraftienne» avec l’incontournable «l’Appel de Cthulhu», nouvelle publiée en février 1928 dans le magazine Weird Tales.

Cette nouvelle, plaçant les bases de la mythologie des Grands Anciens et du culte qu’il leur est voué, devient l’œuvre fondatrice du «Mythe de Cthulhu», un univers de fiction partagé par de nombreux auteurs dans les domaines de la littérature, du jeu de rôle, ou encore de la bande dessinée.

Il était donc temps, à mon tour, de tenter une réinterprétation toute personnelle du Mythe et m’apprêtais alors, en ce mois de Novembre 2018, à lui donner vie sur le papier en posant fébrilement les premiers petits points noirs.

CHAT NOIR, PANDÉMIE ET RENAISSANCE

2019 fut une année charnière. Il était temps pour moi de mettre enfin dans la lumière mes créations visuelles, de rendre un hommage à ma Grand-Mère disparue et de poursuivre mes collaborations artistiques, le tout au travers d’un site web dédié… Beaucoup de projets et peu de temps…

CTHULHU, qui venait tout juste d’ouvrir les yeux, devrait encore rêver et attendre!

2020 est venue, puis repartie, laissant derrière elle un parfum amer de rêves brisés, de convivialité perdue et de libertés envolées. Le virus se répand, l’isolement se resserre. Et même si je ne contracte pas la maladie, j’en ressens les symptômes : j’ai perdu le goût de la création. Mes émotions se jouent de moi, je suis dans un roller-coaster que je ne maîtrise pas.

Depuis ma table à dessin toute proche, CTHULHU attends et observe mon mal-être…

2021 commence sur un profond choc émotionnel et une salve d’encouragements de proches m’incitant à reprendre le chemin de la création… Le traitement semble efficace… CTHULHU apparait alors sous le regard de son créateur et prends enfin vie, après plus de deux ans de gestation. Nous sommes en Février, j’ai retrouvé le goût de créer!

Finalement, après avoir apposé la signature rouge qui est la mienne, il aura fallu plus de 70 heures de petits points noirs répartis sur 26 mois pour vous permettre enfin de découvrir cet hommage consacré à H.P. LOVECRAFT : CHTHULHU RISING.

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