// the advent of the black cat // Tilkomu svarta köttarinnar //

génèse d'un projet

Je n’ai pas toujours évolué dans l’Ombre… Mais l’Ombre est devenu ma zone de Confort, de Confiance, mon espace de Liberté, un endroit sombre où je peux, à l’abri des regards, expérimenter et développer mes projets de créations personnels, quels qu’ils soient (de l’Illustration au Motion Design en passant par la création musicale). 

Puis, une fois arrivés à maturité, je les dépose en pleine lumière. Tout en restant discrètement tapi dans l’obscurité, juste à l’orée de la clairière, pour observer leurs existences et suivre leurs évolutions ainsi révélées au grand-jour, sans la crainte de me dévoiler au regard des autres…

C’est un enchaînement de situations et de rencontres qui m’a amené à prendre conscience que rester plus longtemps dans l’Ombre était paradoxal à mon travail de créatif et ce  malgré une timidité oppressante qui me paralyse…

C’est ainsi qu’est né ce projet. Ne restait plus qu’à trouver comment l’incarner. Quelle identité lui donner pour lui assurer une existence propre et pour pouvoir communiquer facilement à l’aide de cette entité ? Un symbole, une forme, une allégorie ?

La réponse est venue d’elle-même, inspirée par l’amour d’une grand-mère et une date : le 06 septembre 2018.

svartur köttur // un hommage islandais

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Ce jour là, il faisait beau et le spectacle qui s’offrait à nos yeux en cette douce matinée de Septembre valait tous les moments de bonheur d’une vie réunis. Nous étions, mon Namoureuse et moi-même, dans le Parc National de Þingvellir, site inscrit au patrimoine Mondial de l’UNESCO, à admirer les lacs et ce paysage volcanique unique qui fait de l’Islande une aventure merveilleuse et inoubliable. Et nous n’allions pas être au bout de nos surprises tant la nature allait nous montrer combien notre existence est dérisoire face à sa beauté et sa puissance.

Après le Parc National, en route vers GEYSIR et ses incroyables geysers et sources d’eau chaude. Puis destination GULLFOSS, première des 3 chutes d’eau du programme de la journée.

D’une largeur de 70 mètres, elle déverse dans un vacarme incroyable mais ô combien apaisant, des trombes d’eau dans un étroit canyon de 32 mètres de profondeur, ne laissant apparaître en surface que de fantômatiques nuages de brume.

Puis, direction Skógafoss, une autre spectaculaire chute d’eau de 62 mètres de haut, qui à servi et sert de décor pour pas mal de films et de séries TV. L’endroit est magique. Une fois de plus, je suis conquis par toute cette nature environnante.

De là, nous partons plein sud, pour rejoindre un lieu que je souhaitais plus que tout voir de mes propres yeux. Nous voici donc sur les plages de sable noir à Reynisfjara, près du petit village de Vík. Plages célébrées dans la chanson Fjara du groupe Islandais Sólstafir (Groupe que je vénère au plus haut point, dont je vous invite vivement à voir le clip ici). Nous sommes également témoins des changements climatiques rapide du pays. Le temps se couvre et les sombres nuages qui s’installent semblent jouer avec les rayons du soleil, nous offrant un spectacle fantastique.

C’est sur cette plage, hypnotisé par le son des vagues, enivré par le vent et l’air iodé, que j’ai ressenti un déferlement d’émotions, mélange de joie et de peine, ponctué par l’apparition d’un rayon de soleil vertical, droit comme un I, frappant la surface de l’eau dans un éclat lumineux avant de disparaître.

Quelques jours plus tard, alors que nous nous promenions au gré de nos envies dans Reykjavik, c’est dans une boutique spécialisées en décorations de Noël que je découvre la légende de Jólakötturinn ou Jólaköttur (« chat de Noël » en Islandais).

Ce dernier, monstrueuse créature du folklore islandais, est un grand chat qui rôde dans les campagnes enneigées pendant les fêtes et se délecte des gens qui n’ont pas reçus de nouveaux vêtements à porter pour le réveillon de Noël. Une petite décoration en bois représentant le-dit chat légendaire attire alors mon attention : il est noir !

Une fois de plus, je constatais que la symbolique du méchant chat noir, vile Créature des Ténèbres, est également présente dans la culture islandaise.

Il n’était bien évidemment pas question pour moi de quitter la boutique sans emporter la petite décoration avec une énorme pensée pour ma Grand-Mère de 93 ans : un chat noir qui dévore les gens à Noël, voilà qui devrait l’amuser. J’en souris presque à l’idée de lui raconter cela lors de notre prochaine visite, prévue cet automne.
Je n’en aurais, malheureusement, pas la possibilité.

à notre retour d’Islande, quasiment à la descente de l’avion, j’apprends avec douleur que ma Grand-Mère, dernier des Grand-parents qu’il me restait et à laquelle j’étais très attaché, nous avait malheureusement quitté.

Elle s’est éclipsé discrètement, sans bruit sans douleur, pendant l’un des plus beaux jour de mon existence.
C’était le 06 septembre 2018. 

ma grand-mère s’appelait geneviève leheutre, née chanoir.
chat noir en islandais se dit “svartur köttur“.
Ce projet lui est entièrement dédié.
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